Les elfes d’Angyïr

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Victor Hugo : Les Chants du crépuscule, Mon âme a plus de feu…

« Mon âme a plus de feu… »Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâle ;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ;

Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le cœur mystérieux ;
Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :
- Passez ! Passez toujours ! je n’ai plus à vieillir ;
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre !
Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli !

Dans : Victor Hugo
Par lanajess
Le 23 septembre, 2009
A 20:07
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Victor HUGO : UN JOUR JE VIS…

Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants,

Passer, gonflant ses voiles,

Un rapide navire enveloppé de vents,

De vagues et d’étoiles ;

***

Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux,

Que l’autre abîme touche,

Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux

Ne voyaient pas la bouche :

***

” Poëte, tu fais bien ! Poëte au triste front,

Tu rêves près des ondes,

Et tu tires des mers bien des choses qui sont

Sous les vagues profondes !

***

La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur,

Tout destin montre et nomme ;

Le vent, c’est le Seigneur ; l’astre, c’est le Seigneur ;

Le navire, c’est l’homme.”

Victor HUGO   ( Les Contemplations )

Dans : Victor Hugo
Par lanajess
Le 22 septembre, 2009
A 22:29
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PRINTEMPS

C’est la jeunesse et le matin.

Vois donc, ô ma belle farouche,

Partout des perles :  dans le thym,

Dans les roses, et dans ta bouche.

***

L’infini n’a rien d’effrayant ;

L’azur sourit à la chaumière ;

Et la terre est heureuse, ayant

Confiance dans la lumière.

***

Quand le soir vient, le soir profond,

Les fleurs se ferment sous les branches ;

Ces petites âmes s’en vont

Au fond de leurs alcôves blanches.

***

Elles s’endorment, et la nuit

A beau tomber noire et glacée,

Tout ce monde des fleurs qui luit.

Et qui ne vit que de rosée,

***

L’oeillet, le jasmin, le genêt,

Le trèfle incarnat qu’avril dore,

Est tranquille, car il connaît

L’exactitude de l’aurore.

Victor HUGO  ( 1802 – 1885 )

Dans : Victor Hugo
Par lanajess
Le
A 12:20
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